

On
raconte qu'anciennement, alors que notre beau village s'appelait
déjà BUNE,
un
preux Seigneur du Pays d'Artois partant en croisade à l'appel
du Comte de
Vermandois
et du Duc de Normandie, aurait choisi parmi ses fidèles
sujets GUILLAUME
de BUNE,
un robuste paysan, afin qu'il l'accompagnât tout
au long
de cette périlleuse
aventure.
Tous deux se seraient d'ailleurs particulièrement distingués au
cours des prises
d'Edesse, Nicée, Antioche et Jérusalem.
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On
prétend surtout qu'en découvrant les
façons culturales employées là-bas
par les Sarrasins, Guillaume et son maître laissèrent
aux nobles Croisés du midi, parmi toutes les
cultures d'Orient, les petits melons tendres et sucrés,
les melons d'eau énormes, juteux et rafraîchissants
et les délicieux concombres, pour s'intéresser
plutôt à cette sorte d'ail ou d'oignon
que les païens récoltaient à foison
au village d'Ascalon, non loin de Jérusalem,
et que les chrétiens appelèrent, dit-on "ECHALOGNE"...
Guillaume le paysan suggéra à son maître de rapporter
au pays quelques bulbes de ces ECHALOGNES car "la terre de BUNE,
affirmait-il, est légère et fertile, elle saura donner à l'ECHALOGNE
la fine saveur qui flattera le palais des convives lors des grands festins
au Château"...
Plus
tard, le seigneur appelant le vilain lui tint à peu
près ce discours:
"Guillaume de BUNE, tu prétends que cette ECHALOGNE que nous avons
rapportée d'Orient peu croître sur nos terres.Tu
es un bon paysan et tu fus un loyal compagnon de
voyage. Je t'en cède une mesure : fais donc
pousser, au pays de BUNE, ces belles ECHALOGNES.
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Dès
la fin de l'été, tu viendras me les mener
au château avec tous les beaux
et bons fruits
de nos champs et vergers..." On
imagine avec quelle attention
Guillaume sut planter
les précieux caïeux d'Orient et en soigner
la croissance
et la récolte. Il apprit à en
assurer la conservation jusqu'à la
prochaine
saison,
multipliant les bulbes qui, de la table
du
Seigneur
passèrent
bien plus tard sur la table
des paysans...
D'après
Michelet |