Le Calvaire de Busnes

En 1793, pendant la terreur révolutionnaire, un ancien curé de Busnes, l'Abbé Mienné avait prêté serment à la constitution et était devenu curé de Busnes. Il était considéré comme un intrus et les vrais catholiques de Busnes, qui étaient en majorité, ne reconnaissaient pas son autorité. Ils assistaient à des messes dites la nuit et en secret dans des fermes retirées par les prêtres restés fidèles à leur devoir. Ils se laissaient marier par eux et leur apportaient leurs enfants pour les baptiser. C'est en secret aussi qu'ils parvenaient à faire enterrer leurs morts dans le cimetière commun, sans avoir recours au ministère du curé parjure.
 
   Il y eut toutefois deux paroissiens et une paroissienne de Busnes appartenant aux meilleures familles du village et réputés entre tous par leur ferveur religieuse, auxquels, aux jours les plus sombres de la terreur, le maire CAYEUX et ses adhérents refusèrent l'entrée du cimetière: Ils ne voulaient pas disaient-ils, que la cendre de "ces aristocrates" fut mêlée à la cendre de ceux qui s'appelaient eux mêmes "les patriotes".

    Ils ne se contentaient pas même de cette vexation, mais unissant la dérision à cette interdiction, ils creusèrent des fosses à l'endroit où avaient été jetés auparavant les ossements d'un vieux cheval pour en faire le lieu de sépulture des ci-devants aristocrates.
L'eau bourbeuse d'une mare voisine leur servit à la bénédiction de ce tombeau par une sacrilège parodie des cérémonies de l'église.

Ces trois proscrits étaient:
- Pierre Joseph BARBAUT, décédé le 20 février 1793
- Marie Josèphe LEDOUX, décédée le 5 mai 1793
- Jean Baptiste CARLIEZ, décédé le 7 mai 1793

   C'est sur leur tombe qu'en 1805, quand les jours de persécution furent passés, leurs parents firent élever un calvaire. Ils plantèrent aussi trois tilleuls dont les branches se réunissant pour former une voûte semblaient faire un sanctuaire à ces morts glorieux associés dans la vénération du peuple aux saints protecteurs du pays.

   En 1872, le calvaire menaçait de tomber. Il fut alors restauré par les descendants directs de ceux qu'on avait inhumés là en 1793. L'arbre de la croix était tombé. Il fut rétabli le 22 septembre 1921.

  
Le Calvaire
(Photo d'hier et d'aujourd'hui)
Aujourd'hui le Calvaire est entretenu régulièrement par des voisins et bénévoles de la commune.



 Une autre anecdote

 
Foire à l'Echalotte

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